11.04.2008

Emeutes de la faim à Haïti

SOLIDARITÉ AVEC LES AFFAMÉS DE VIE EN HAÏTI ET PARTOUT DANS LE MONDE...

De nombreuses explosions ont été entendues en début de soirée à Port-au-Prince après une journée très mouvementée pendant laquelle de nombreux magasins ont été pillés par des groupes manifestants très violents.

Dans le centre-ville de Port-au-Prince, à Pétion-ville, Delmas et sur la route de Frères, des maisons de commerce, des succursales de banques et des résidences ont été attaqués par des groupes de manifestants.

Des véhicules de la Minustah ont été attaqués à plusieurs reprises et des tirs nourris ont été entendus dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine de la capitale.

Des barricades ont été placées sur les artères de la ville par des manifestants qui ont jeté des pierres sur des patrouilles de la police et de la mission des Nations-Unies pour la stabilisation d’Haïti.

Au moins 60 personnes ont été blessées, une vingtaine ce mercredi. 3 policiers ont été blessés. Depuis le début des évènements, 5 personnes ont tuées aux Cayes.

La PNH tente de contrôler de la situation à Port-au-Prince, a indiqué à Haïti Press Network un responsable de l’institution policière.

Haïti Press Network, 9 avril 2008

Les manifestations de la faim continuent en Haïti. Cinq morts et 60 blessés en une semaine
Les manifestations violentes contre le coût de la vie et la hausse des prix des denrées de base qui secouent Haïti depuis une semaine ont fait 5 morts et plus de 60 blessés, selon un bilan non officiel et encore provisoire. Le calme semblait revenu jeudi en journée. Mercredi, les casques bleus de l’ONU, qui protègent le siège de la présidence à Port-au-Prince, ont à nouveau tiré des gaz lacrymogènes pour refouler les manifestants. Le président R.Préval a appelé au calme. Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain. De son côté, la France a fait part jeudi de sa “grande préoccupation“.

TSR, 10 avril 2008

Suite à notre voyage en Haïti, où nous avons rencontré de nombreux acteurs sociaux sur le terrain, le collectif COLERe a publié une "Lettre" que vous pouvez lire sur notre site web.

08.04.2008

appel à des journées d’action décentralisées, pour les squats et espaces autonomes

7104d500c1a27a8e65357b052f7031f8.gif

Les vendredi 11 et samedi 12 avril 2008, nous appelons à deux jours de manifestations, d’actions directes, d’informations publiques, de fêtes de rue, d’ouvertures de squats… pour défendre les espaces libres et promouvoir une culture populaire anticapitaliste.
À travers ces deux jours, nous voulons aider à donner plus de visibilité aux espaces autonomes et aux squats en tant que mouvement politique européen et global. Nous voulons créer des solidarités et interconnections entre divers squats et espaces autonomes. Nous voulons continuer à mettre nos lieux en lien avec de nouvelles personnes et de nouvelles luttes. Nous voulons soutenir la création de squats dans des endroits où il y en a peu, dans des endroits où il n’y a pas de mouvement squat, dans des endroits où il est devenu difficile d’ouvrir de tels lieux. Nous voulons construire, étape par étape, notre capacité à dépasser la vague de répression qui s’abat sur nous.
Nous appelons à des actions autonomes et décentralisées en tout genre, en fonction de ce que les gens ressentent comme le plus approprié à leur contexte local. Vous trouverez ci-dessous un peu plus d’explications sur le contenu politique que nous voulons donner à ces deux jours.

Nous sommes partout…

Depuis des siècles, des gens se sont servis d’espaces autonomes ou de squats, urbains ou ruraux, pour reprendre le contrôle de leur vies. Ces espaces se font outils, pratiques et moyens pour mener des luttes. Depuis des décennies, les mouvements squats, en Europe et au delà, ont combattu le développement capitaliste, contribué à des luttes locales, fourni des alternatives aux cultures de profits et de consommation, permis l’existence de centre-sociaux et d’activités participatives en rupture avec l’économie. Ils ont montré la possibilité de s’organiser sans hiérarchies, de créer des réseaux internationaux d’échange et de solidarité; ils ont changé bien des vies, hors du contrôle social et des normes sociétales.
Ces lieux sont de ces rares espaces ressources permettant des réunions & projets militants, la création et dissémination de cultures subversives, la mise en place d’échange non-marchands, le partage des savoirs et l’expérimentation de modes de vie différents, des débats collectifs, des pratiques de recyclage et d’auto-construction, d’autonomie alimentaire et de médias indépendants.
Qu’il s’agisse de squats urbains ou de terrains à la campagne, d’occupations négociées ou de ré-appropriations sauvages, d’usines aménagées ou de bâtiments auto-construits, ces espaces ont en commun d’être autant de refuges pour des rebelles et insoumi·es, exclu·e·s et sans-papier·e· s, entre autres activistes radicaux et sans-logis. Pour nous, quelle que soit leur forme particulière, ces centres sociaux sont cruciaux, et participent d’une dynamique globale de résistance.

Aux quatre coins de l’Europe, la répression avance tous azimuts

Des espaces autonomes ancrés depuis des années sont attaqués: d’Ungdomshuset à Copenhague, en passant par Köpi et Rigaerstraße à Berlin, EKH à Vienne, ou encore l’Espace autogéré des Tanneries de Dijon, les centre sociaux squattés de Londres et d’Amsterdam, Ifanet à Thessalonique… l’heure est à la répression. En France, les squats ont retenu une attention particulière de la part de la police après les mouvements anti-CPE, ainsi que la vague d’actions et d’émeutes ayant émaillé la campagne présidentielle. En Allemagne, de nombreux espaces autonomes ont été perquisitionné s avant le sommet du G8. À Genève et Barcelone, deux anciens bastions de la culture squat, les autorités tentent de mettre un terme au mouvement. Quand bien même il reste possible d’occuper dans certaines villes, force est de constater que c’est déjà devenu un crime dans d’autres pays. À la campagne, l’accès à la terre est de plus en plus dur, et les communautés doivent faire face à des législations sans cesse plus sévères en matière d’hygiène et de sécurité, sans oublier la gentrification par la bourgeoisie et les touristes. Aux quatre coins de l’Europe, nos cultures indépendantes sont menacées.
Il y a quelques mois, nous avons vu trembler les rues de Copenhague, ainsi qu’une explosion de rage partout en Europe, après l’expulsion d’Ungdomshuset. Depuis lors, une série d’évènements et de résistances d’espaces autonomes a contribué à redonner du sens à l’idée de “solidarité internationale”.
Car nous sommes mu·e·s par la même passion, sentons la même détermination, nous heurtons à un même ennemi dans la répression. Nous sommes uni·e·s, par delà les frontières, par notre volonté de construire un monde d’égalité et d’auto-détermination. Îlots de liberté, nous voulons être incontrôlables, et continuer à agir en solidarité, à renforcer nos liens partout dans le monde, malgré les kilomètres qui nous séparent.

Au delà des actions…

Nous souhaiterions aussi que ces journées d’actions puissent inspirer des discussions, permettre de confronter diverses stratégies et possibilités, constituer une occasion de partager. Voici certains des points que nous aimerions aborder:
* Questionner la notion d’”espaces autonomes”; qu’en voulons-nous, quel peut être leur rôle dans des dynamiques de changement social radical? Où peuvent-ils se situer, entre “alternatif” et “confrontationnel” ?
* Échanger informations et idées sur l’étendue des activités qui peuvent exister au sein d’espaces autonomes et leur fonctionnement; interroger notre rapport à la production de biens et de services; encourager le partage de savoirs, particulièrement entre ville et campagne.
* Livrer nos expériences, s’inspirer les un·e·s les autres, comprendre comment fonctionne tel collectif en interne, comment tel autre organise ses activités, comment nous gérons les questions d’agent et d’économie…
* Mettre en perspective nos diverses manières d’acquérir de l’espace ça et là: occupations illégales, auto-constructions, wagenburgs et véhicules, achats collectifs, baux précaires…
* Partager des ressources pratiques et solidarités entre:
- divers·e·s usager·e·s des espaces autonomes (actuels ou potentiels): coopératives, sans-papier·e·s, activistes, travellers, urbain·e·s, ruraux & rurales;
- diverses manières d’utiliser l’espace: activités publiques, espaces de rencontres pour des groupes et projets, espaces d’habitation;
* Permettre l’élaboration de stratégies collectives face à la répression étatique et aux expulsions.

Qui sommes-nous, comment pouvons-nous collaborer sur ce projet et le faire exister?

Pour l’heure, nous sommes un groupe de gens impliqué·e·s dans divers espaces autonomes de part l’Europe, qui a commencé à discuter de cet appel. Nous voulons rencontrer divers collectifs dans les mois qui suivent, voir comment cette proposition de journées d’actions décentralisées est accueillie, et comment les un·e·s et les autres veulent s’impliquer. La réussite de ce projet dépend beaucoup de notre capacité à créer un groupe de travail international plus important. Pour ce faire, une réunion d’organisation est prévue fin novembre, à l’Espace autogéré des Tanneries.

http://april2008. squat.net/

07.04.2008

Rassemblement contre les rafles et les deportations (Molenbeek, 11 avril 2008)

Rassemblement 11 avril 2008 - 19h. Parvis St-Jean-Baptiste, Molenbeek

Contre les rafles et les centres de déportation

C'est arrivé il n'y a pas longtemps. Tu prenais le métro en vitesse et ils étaient là, à la sortie, avec leurs sinistres uniformes. Tout le monde était contrôlé. Certains n'ont pas pu montrer un ticket valide et ont dû donner leurs cartes d'identité. Certains n'avaient même pas de carte d'identité à montrer. Ceux-là, ils ont été séparés, arrêtés et emmenés vers un centre fermé.

Un centre de rapatriement, comme ils appellent ça, en fait c'est juste des prisons. Des gens y sont enfermés, privés de leur liberté. On essaie d'y instaurer la peur par la menace d'une déportation. L'Etat démocratique laisse une trace sanglante, aux frontières comme dans nos quartiers.

Ça suffit! Des gens sont traqués et détenus à un rythme effréné. Pourquoi? Parce qu'ils sont nés ailleurs, parce qu'ils essaient de survivre avec les moyens du bord. Parce qu'il est plus facile d'exploiter et de bâillonner les gens quand une partie possède des papiers et l'autre n'en a pas. Papiers qui permettent aux détenteurs de pouvoir, aux flics, aux politiciens de nous contrôler, de nous monter l'un contre l'autre et de nous dominer. Ce sont eux qui sont responsables de la misère qu'on doit affronter tous les jours.

Nous ne nous laissons plus humilier, traquer, enfermer... Début mars les détenus au centre de déportation de Vottem ont entamé une grève de la faim, quelques jours plus tard, les prisonniers du 127bis à Steenokkerzeel ont suivi. Cachot, menaces, passages à tabac, humiliations sont utilisés pour tenter de les briser.

Fini la résignation! Exprimons notre rage contre les rafles et les centres de déportation.

L'affiche est téléchargéable sur:
http://www.cemab. be/news/2008/ 04/5245.php

533cab318fa5118d6c1b54258168b5b8.jpg

Résistance à l’ordre démocratico-policier qui est le nôtre

http://www.cemab. be/news/2008/ 03/5221.php

Dewael plaide en faveur d'agents dans les bus
BELGA

Mis en ligne le 22/03/2008

Le ministre de l'Intérieur Patrick Dewael (Open VLD) dit son mécontentement d'avoir appris que les incidents avec des bus de sociétés de transport en commun seraient la conséquence de contrôles de police. Si des jeunes réagissent avec agressivité à des initiatives de la police, ils sont à la mauvaise adresse, selon M. Dewael. "Ces jeunes tireront la paille la plus courte", dit le ministre samedi dans Het Nieuwsblad et Het Volk.

Le ministre de l'Intérieur a pris l'initiative vendredi de demander que l'on prenne contact avec la police d'Anderlecht pour lui proposer, vu la situation actuelle, un appui de la police fédérale. La réponse d'Anderlecht a été positive. La police locale et ses responsables doivent à présent décider eux-mêmes comment utiliser ces agents à Anderlecht.

Le ministre de l'Intérieur estime qu'il ne serait pas déraisonnable de faire intervenir temporairement des agents de police sur les lignes de transport en commun à risques. Il estime que la police doit donner un signal visible pour montrer qu'elle intervient préventivement et que les habitants des quartiers où ont eu lieu des incidents peuvent se sentir rassurés.

On sait désormais à quoi s’attendre. Reste à créer de la solidarité dans les transports pour faire « fuir » la police. Ce qui est important, c’est de rendre visible, par tous les moyens, cette présence policière et les violences qui en découlent. Déjà dans les trains les agressions de jeunes et moins jeunes sont monnaies courantes et la violence subie par les usagers devient de jour en jour plus forte. On a d’ailleurs, il y a peu, assisté à l’arrestation d’un contrôleur entrain d’agresser un usager. Ne laissons pas les médiats nous diviser, refusons cette classification arbitraire et ségrégationniste entre « jeunes violents » et « usager démocratiquement passif ». Montrons à tous que quand un jeune se fait agresser par la police, c’est un acte qui nous est fait à tous car en face de la police nous sommes tous des jeunes violents.

Dans les centres fermés, au Tibet, en escaladant les grilles de l’OTAN, en faisant une grève de la faim, en se révoltant dans les quartiers contre la police, en occupant les universités, en rendant possible des squattes, … partout des groupes de gens se mobilisent en décidant de passer à l’acte, et c’est dans ce passage qu’advient la liberté. C’est en reprenant prise sur nos quotidiens sous contrôle(s) que nous pouvons créer des solidarités effectives et efficaces : ici avec nos camarades en prisons et dans les centres fermés qui n’acceptent pas les conditions de servage qui sont les leurs, avec les jeunes qui se retrouvent en « garde à vue » et subisse les passages à tabac rituels et le racisme d’Etat, avec les militants, activistes, révoltés, enragés qui se retrouvent aussi derrière les même barreaux à subir les mêmes humiliations, injures et violences, souvent avec des différences de degrés en fonction du nom de famille et de la résistance face à l’arrestation. Là-bas avec nos camarades tibétains qui résistent pour changer le cours de leurs existences, malgré l’influence considérable de la CIA qui se cache derrière toutes les actions de soutien au Dalaï-lama de nos amis pacifiste et de la bureaucratie chinoise dont le sang de Tienanmen ne finit pas de sécher sur les canons des chars. Et partout dans les mondes où des groupes se désaffilient de leur identité étatique qui est toujours en dernière instance une identification à la logique du capital, pour passer à l’action et ainsi ouvrir le champ des possibles. C’est dans ces passages toujours singuliers et dans ces ouvertures que nous pouvons produire des solidarités réelles malgré la distance et les différences, car il y a là un universel, une condition de possibilité de la politique, qui n’existe jamais que sous la forme réelle de sa singularisation : l’égalité. Pour être l’égale d’un moine tibétain, d’un sans-papiers en grève de la faim ou en centre fermé, d’un jeune passé à tabac, d’un étudiant qui occupe son université, d’un ouvrier qui tente de faire une grève sauvage, … nous devons détruire l’espace sociale - c’est-à-dire l’espace de la ségrégation, qui veut nous faire nous séparer, nous diviser - en nous dés-identifiant, en nous déprenant de notre identité étatique :

« Sauf des mouchards et des gendarmes
On ne voit plus par les chemins
Que des vieillards tristes en larmes
Des veuves et des orphelins
Paris suinte la misère
Les heureux même sont tremblants
La mode est au conseil de guerre
Et les pavés sont tout sanglants

Oui mais ça branle dans le manche
Les mauvais jours finiront
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s’y mettront (bis) »

Toutes les notes